Pierre Pincemaille






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Pierre Pincemaille



photographie en noir et blanc, du buste de demi-profil

Pierre Pincemaille en 2004.






























































Nom de naissance
Pierre-Marie Pincemaille
Naissance
8 décembre 1956
Paris 17e, France
Décès
12 janvier 2018(à 61 ans)
Suresnes, France
Lieux de résidence
Herblay, France
Activité principale
Musicien, organiste, improvisateur, professeur
Style
Musique impressionniste
Années d'activité
1973-2017
Éditeurs
Solstice, Ifo Classics, Pierre Verany
Formation
Conservatoire national de Paris
Maîtres
Henri Challan, Jean-Claude Raynaud, Marcel Bitsch et Rolande Falcinelli
Enseignement
Conservatoire national de Paris, Conservatoire national de Lyon
Famille
Émile Belot, Joseph-Émile Belot
Distinctions honorifiques
Ordre des Palmes académiques (2003)
Ordre des Arts et des Lettres (2006)
Ordre de Saint-Grégoire-le-Grand (2007)
Site internet
http://pierrepincemaille.fr/

Répertoire




  • Les dix symphonies de Charles-Marie Widor

  • Intégrale pour orgue de César Franck

  • Intégrale pour orgue de Maurice Duruflé

  • Œuvres de jeunesse d'Olivier Messiaen

  • Œuvre écrite de Pierre Cochereau





Pierre Pincemaille, né le 8 décembre 1956 dans le 17e arrondissement de Paris et mort le 12 janvier 2018 à Suresnes, est un musicien français, organiste titulaire des grandes orgues de la cathédrale-basilique Saint-Denis.


Connu pour sa maîtrise de l'improvisation à l'orgue, Pierre Pincemaille enseigne différentes disciplines musicales, notamment dans les deux conservatoires supérieurs nationaux (de Paris et Lyon). Concertiste international, il cherche à rendre l'orgue accessible à un public non averti tout en défendant une facture d'orgue du XXIe siècle. Organiste liturgique, il s'attache à professionnaliser la pratique musicale durant les offices, au cours de ses 30 années de titulariat à la cathédrale de Saint-Denis. Il laisse une discographie comprenant notamment les dix symphonies de Charles-Marie Widor, les intégrales pour orgue de César Franck et Maurice Duruflé, et des improvisations.





Sommaire






  • 1 Biographie


    • 1.1 Famille


    • 1.2 Formation


    • 1.3 Prix internationaux




  • 2 Carrière professionnelle


    • 2.1 Organiste liturgique


    • 2.2 Interprète


    • 2.3 Improvisateur


    • 2.4 Professeur




  • 3 Œuvres


    • 3.1 Compositions


    • 3.2 Discographie




  • 4 Décorations, distinctions et hommages


  • 5 Pour approfondir


    • 5.1 Bibliographie et filmographie


    • 5.2 Articles connexes


    • 5.3 Liens externes




  • 6 Notes et références


    • 6.1 Citations


    • 6.2 Notes


    • 6.3 Références







Biographie |



Famille |


Pierre Marie François Pincemaille est né à Paris, dans le 17e arrondissement, le 8 décembre 1956 du mariage d'Henri Pincemaille, ingénieur[a], et d'Andrée Schaar[4].


Andrée Schaar est la fille de Marguerite Rollet[5], cantatrice belge étant intervenue lors des concerts de La Libre Esthétique[b]. Henri Pincemaille est le fils de Fernand Pincemaille[a] (1885-1959) et de Suzanne Belot (1885-1974}, elle-même fille d'Émile Belot (1857-1944), lui-même fils de Joseph-Émile Belot (1829-1886)[11],[12].


Il épouse le 13 avril 1991 Anne-France Gaudillat (maire-adjointe en 2018 de la commune d'Herblay, chargée de la culture et des jumelages[13]). De cette union naissent trois enfants[4] dont une fille nommée Claire.


Il meurt le 12 janvier 2018 à l'âge de 61 ans à l'hôpital Foch de Suresnes (Hauts-de-Seine)[14],[15],[c].



Formation |


Issu d'une famille mélomane depuis plusieurs générations, Pierre Pincemaille commence l'étude du piano en 1965. De 1965 à 1975, il étudie le piano en cours particulier, au Perreux-sur-Marne. Il prend quelques cours avec Lucette Descaves (professeur au CNSM). Il se tourne rapidement vers l'orgue, à la faveur de séjours répétés à partir de 1968 chez son oncle, le père eudiste Paul Pincemaille, économe au Collège Saint-Sauveur de Redon (Ille-et-Vilaine), qui est lui-même organiste amateur[15]. Lors de ces séjours (pendant les vacances scolaires), Paul Pincemaille lui donne accès à l'orgue Debierre de la chapelle du collège.


Il poursuit ses études au collège Albert de Mun de Nogent-sur-Marne puis au lycée Racine à Paris. Autodidacte à l'orgue, Pierre Pincemaille réussit le concours d'entrée au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris sans avoir pris préalablement aucun cours[17]. Il y entre à 14 ans en octobre 1971, dans la classe de solfège spécialisé (professeur : Françoise Rieunier, puis Claude Lavoix[d]). Il accomplit toutes ses études musicales au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris en étant reçu aux classes suivantes[4] :



  • 1973 - 1977 : classe d'harmonie (professeur : Henri Challan, puis Jean-Claude Raynaud) ;

  • 1976 - 1978 : classe de contrepoint (professeur : Jean-Claude Raynaud, puis Lucie Robert) ;

  • 1978 : classe de fugue (professeur : Marcel Bitsch) ;

  • 1975 - 1979 : classe d'orgue (professeur : Rolande Falcinelli[19]).


Il obtient cinq premiers prix (harmonie en 1977, contrepoint en 1978, fugue en 1978, orgue-interprétation en 1979 et orgue-improvisation en 1979). Pierre Pincemaille est le seul élève de la classe de Rolande Falcinelli à avoir obtenu les deux premiers prix d'orgue (interprétation et improvisation) le même jour.


Se dirigeant vers l'enseignement dans les écoles de musique et conservatoires agréés par l'État, Pierre Pincemaille obtient son CA (certificat d'aptitude aux fonctions de professeur) d'accompagnement le 8 juillet 1981, et son CA d'écriture le 24 juillet 1986.


Contrairement à ce qui se dit parfois, il n'a jamais été élève de Pierre Cochereau. N'ayant pas trouvé convenable de se présenter aux masterclass des académies internationales d'été de Nice avant d'avoir obtenu ses deux premier prix (orgue et improvisation) du CNSDMP, il n'a pas pu travailler avec Pierre Cochereau, ce dernier étant nommé directeur du conservatoire national de Lyon[20]. C'est par sa fréquentation à la cathédrale Notre-Dame de Paris dans les années 1970, et l'écoute de ses enregistrements, que Pierre Pincemaille s'est familiarisé avec le talent de l'improvisation de Pierre Cochereau.



Prix internationaux |


Entre 1978 et 1990, il remporte cinq grands prix de concours internationaux :



  • 1978 - Premier prix du concours international d'improvisation de Lyon (jury présidé par Pierre Cochereau[20]) ;

  • 1987 - Grand prix du concours européen d'orgue de Beauvais ;

  • 1989 - Premier prix du concours international d'improvisation de Strasbourg ;

  • 1989 - Grand prix du concours international d'improvisation de Montbrison ;

  • 1990 - Grand prix d'improvisation au Grand Prix de Chartres[21] ;


et entame ensuite une carrière de concertiste international.



Carrière professionnelle |


Pierre Pincemaille connait une carrière professionnelle diversifiée, longue de 40 ans en tant que concertiste (interprète et improvisateur), organiste liturgique[22] et enseignant[23], récompensée dans ces trois domaines.



Organiste liturgique |


Pierre Pincemaille occupe plusieurs tribunes en tant qu'organiste titulaire. Considérant sa fonction comme un « privilège », il vise « une qualité optimale, musicalement et liturgiquement ». Ainsi, lorsque cela est possible, Pierre Pincemaille cherche à instaurer la fonction de maître de chapelle, et à mettre en place l'utilisation de l'orgue de chœur pour l'accompagnement des chants[24]. Lorsque l'organiste titulaire est un professionnel de la musique, il recommande qu'il soit seul titulaire[α], et qu'il puisse se voir conférer l'autorité suffisante pour élaborer le programme musical des célébrations[25].


De 1977 à 1984, il est l'organiste accompagnateur de la manécanterie des Moineaux du Val-de-Marne[e].


De 1982 à 1987, il est titulaire de l'orgue Merklin de l'église Saint-Eugène-Sainte-Cécile à Paris.


Il est ensuite nommé, au terme du concours du 14 novembre 1987 (auquel quinze candidats se présentent[17]), organiste titulaire des grandes orgues Cavaillé-Coll de la basilique Saint-Denis (cathédrale depuis 1966)[4], poste qu'il occupe durant 30 ans (du 29 novembre 1987 au 12 janvier 2018). Seul organiste titulaire durant cette période, il se qualifie de « Seul maître à bord après Dieu, et heureux de l'être ! »[24]. En tant qu'organiste titulaire, il joue lui-même aux grandes orgues en se faisant exceptionnellement remplacer par ceux de ses élèves qu'il sélectionne en fonction de leur capacité à tirer partie de cet instrument difficile à maîtriser (cornements du fait du grand âge de l'instrument, claviers incomplets avec 54 notes alors que la plupart des symphonies de Charles-Marie Widor en nécessitent 56, pédalier de 25 notes au lieu de 27 ou 30[28], etc.). En septembre 2003, le nouveau recteur Dominique Lebrun (futur archevêque de Rouen) lui donne « carte blanche » pour l'organisation de la musique liturgique de la cathédrale. S'inspirant de l'« esprit » du chanoine Jehan Revert, il crée un chœur à 4 voix mixtes avec son épouse, et crée un corpus de chants liturgiques qu'il ré-harmonise, pour les inscrire au programme des célébrations[24].


Article détaillé : Liste des organistes de la basilique Saint-Denis.

Il participe à faire découvrir les grandes orgues de la cathédrale de différentes manières. Il anime des visites de groupes d'organistes professionnels et amateurs (comme pour l'association François-Henri Clicquot en 2008[29]), et de groupes de facteurs d'orgue. Il organise des auditions le dimanche matin à partir de juin 1988[17]. Il organise des concerts réguliers en la cathédrale[30], entre 1989 et 1995 (237 concerts), puis entre 2014 et 2017[31] (26 concerts), soit 184 organistes invités venant du monde entier, dont Marie-Claire Alain, Gaston Litaize, Suzanne Chaisemartin, Michel Chapuis, Thierry Escaich, André Isoir, Daniel Roth et bien d'autres[24]. Il participe à 25 concerts organisés dans le cadre d'événements particuliers, en tant que concertiste et directeur artistique : pour le conseil général, Monuments en Musique[32], les Journées du patrimoine, La Nuit des cathédrales[33],[34], colloque sur Cavaillé-Coll. Enfin, il enregistre huit CD sur les grandes orgues de Saint-Denis.



Interprète |


Considéré comme un instrumentiste « virtuose »[f],[g], Pierre Pincemaille poursuit une carrière internationale de concertiste, en donnant plus de mille concerts sur quatre des cinq continents : il se produit au cours de plus de 300 concerts dans 19 pays d'Europe (dont 176 en Allemagne, 27 en Italie, 10 en Norvège), 92 sur le continent américain (dont 68 aux États-Unis), et quelques concerts en Afrique et Asie. En France, il se produit en concert[h] dans plus de 200 villes. Il est invité pour les concerts d'inauguration de différents instruments (comme l'orgue Cavaillé-Coll de l'église Notre-Dame d'Oloron-Sainte-Marie[38], ou l'orgue de la Cathédrale Saint-Samson de Dol-de-Bretagne[39]). Dans le cadre du Festival international de musique de Saint-Denis, il joue sous la direction de Mstislav Rostropovitch, Chung Myung-whun (Symphonie avec orgue de Camille Saint-Saëns au Festival 1999[40]), Riccardo Muti (Te Deum de Haydn en 2000[40]), Charles Dutoit, John Nelson (Requiem de Fauré au festival de 2003[41]).


Il compose le programme de ses concerts en fonction de l'instrument, du lieu et du public, soucieux de donner de l'orgue l'image renouvelée d'un véritable instrument de musique plus que d'un simple outil liturgique[β] (de la même manière qu'il se considère plus comme un « musicien qui joue de l'orgue » que comme un organiste[42],[43]). A cet égard, il présente au public lors de ses concerts les œuvres ou compositeurs interprétés, voire quelques éléments vulgarisés de technique musicale (comme le choral orné avec certaines œuvres de Jean-Sébastien Bach), et préfère les consoles proches du public (ou à défaut une retransmission par vidéoprojection), pour rendre visible l'organiste auprès du public.


Pierre Pincemaille dit être « un musicien de la tonalité, dont le répertoire pour orgue s'arrête aux œuvres d'avant 1945 »[42]. Parmi les compositeurs du répertoire, outre Jean-Sébastien Bach, sa prédilection va aux compositeurs de l'école française d'orgue issue du romantisme[i] comme César Franck, Charles-Marie Widor, Louis Vierne ou encore Maurice Duruflé.


Pierre Pincemaille défend une facture d'orgue du XXIe siècle, s'appuyant sur des technologies nouvelles au service du confort de l'organiste[j] et de son inspiration créatrice[46]. Il est, le cas échéant, en faveur des orgues numériques ou hybrides, comme celui de l'abbaye de Saint-Jean-aux-Bois (Oise)[47], poursuivant l'objectif de rendre l'orgue accessible au plus grand nombre[48] et de séduire un public non averti.



Improvisateur |


Pierre Pincemaille est reconnu pour ses talents d'improvisateur[k],[l]. Il bénéficie dans ce domaine de l'enseignement de Rolande Falcinelli, elle-même disciple de Marcel Dupré[19]. Il complète cet enseignement par une écoute assidue des improvisations de Pierre Cochereau. Maîtrisant l'écriture musicale, il pratique l'improvisation, dans la tradition de l'école française d'orgue.


À la cathédrale de Saint-Denis, dans le cadre des messes dominicales[24], Pierre Pincemaille improvise à sept reprises : entrée, verset après le psaume, méditation après l'homélie, offertoire, consécration, communion, sortie. En 30 ans, il improvise pour accompagner plus de 1 600 célébrations[53].


En concert, il clôture ses récitals par une grande improvisation[24] sous forme de thème et variations, de symphonie, de suite de danses, ou encore de poème symphonique. Il met en valeur les ressources sonores de tous les orgues qu'il joue[g], quelle qu'en soit la dimension, par ses registrations[m],[n]. Certains de ses récitals sont exclusivement consacrés à l'improvisation. C'est le cas par exemple lors du festival Les heures d'orgue de Chamonix-Mont-Blanc, le 12 août 2012, où Pierre Pincemaille improvise un poème symphonique en sept tableaux illustrant l'aiguille du Midi, l'Arve, le col du Brévent, la Mer de Glace, la vallée de Chamonix, le lac Vert, le mont Blanc sur des photos de la photographe chamoniarde Monica Dalmasso[57],[58],[59]. Il choisit le même format cinq ans plus tard en improvisant un nouveau poème symphonique le 13 août 2017 sur les mêmes photos[60].


Pierre Pincemaille a improvisé sur des films muets (comme l'improvisation sur Faust de Murnau à l'orgue de l'Abbaye Saint-Ouen de Rouen[61]), ou encore sur des effets pyrotechniques[62].


Il a également présidé des jurys de concours d'improvisation, notamment le concours Jean-Louis Florentz en 2007[24] et 2012[63], le concours portant son nom à la basilique Saint-Pierre de Luxeuil-les-Bains (Franche-Comté), ayant lieu au moment de Pâques de 2011 à 2013[64],[65], ou encore le concours de Dudelange (Luxembourg), du 26 au 29 août 2015, en co-présidence avec Bernhard Haas[66],[67].


Il a consacré sept CD à ses improvisations.



Professeur |


Pierre Pincemaille enseigne dans les établissements suivants :



  • de 1980 à 1984 : l'accompagnement au piano et l'écriture musicale au conservatoire à rayonnement départemental (CRD) de Poitiers ;

  • de 1984 à 2002 : l'écriture musicale, à l'ENM de Châtellerault ;

  • de 1986 à 1999 : l'orgue, au conservatoire du 17e arrondissement de Paris ;

  • de 2000 à 2017 : l'improvisation à l'orgue au conservatoire à rayonnement régional de Saint-Maur-des-Fossés (CRR)[68], dont 27 premiers prix décernés parmi ses élèves[24] ;

  • de 2002 à 2018 : l'écriture musicale, au conservatoire à rayonnement départemental (CRD) de Saint-Germain-en-Laye ;

  • de 2003 à 2005 : l'écriture musicale, au Conservatoire national supérieur musique et danse de Lyon (CNSMDL) ;

  • de 2005 à 2018 : le contrepoint au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris (CNSMDP)[69].


Il conduit également des masterclass[o].


En 17 années, Pierre Pincemaille forme de jeunes improvisateurs, français et étrangers, aujourd'hui organistes titulaires dans des églises parisiennes, parmi eux : David Cassan (Temple protestant de l'Oratoire du Louvre)[71], Thomas Lacôte (église de la Sainte-Trinité)[72], Samuel Liégeon (église Saint-Pierre-de-Chaillot), Baptiste-Florian Marle-Ouvrard et Thomas Ospital (église Saint-Eustache)[73], Pierre Queval (église Saint-Ignace-de-Loyola)[74], Luc Stellakis (basilique Notre-Dame-des-Victoires)[75], ou encore Quentin Guerillot qui lui succède aux grandes orgues de la cathédrale Saint-Denis[76],[77].



Œuvres |


La plupart des œuvres de Pierre Pincemaille sont des improvisations, dont la majorité n'a pas été enregistrée (Pierre Pincemaille écrit d'ailleurs à propos de l'œuvre d'improvisation qu'elle est « appelée à n'être entendue qu'une fois, puis à s'évanouir définitivement dans un fugitif souvenir, en ne laissant aucune trace dans l'Histoire de la musique. »[78]). Parmi les œuvres enregistrées, la discographie de Pierre Pincemaille se compose d'une vingtaine de CD ou ensemble de CD (d'interprétations, transcriptions et improvisations). Pierre Pincemaille laisse également quelques compositions et écrits.



Compositions |


Pierre Pincemaille ne se considère pas comme compositeur, pour un certain nombre de raisons qu'il explique dans À propos de la composition[78]. Il estime qu'en composant, il aurait « passé son temps à se corriger et se renier »[42] : même encouragé à composer par ses maîtres Jean-Claude Raynaud et Rolande Falcinelli[78], il préfère l'art de l'improvisation, « surgissant dans l'émotion de l'instant »[42]. Il laisse néanmoins quelques compositions :




  • En Louisiane (pièce pour trombone) éditée chez Delatour[79] ;


  • Prologue et Noël varié, aux éditions Delatour (2007)[78],[80],[81], destiné à être le « morceau imposé » du Grand Prix Florentz de 2007 dont Pierre Pincemaille préside le jury[24] ;

  • Trois motets pour chœur à 4 voix mixtes a cappella, éditions À Cœur Joie[82] :


    • Ave Maria, publié en décembre 2013 - ACJ 5139[83] ;


    • Pater Noster, publié en juin 2018 - ACJ 5171[84] ;


    • Ave Verum, publié en juin 2018 - ACJ 5170[85].




Ses œuvres sont jouées dans le cadre de concerts, festivals ou cérémonies religieuses, par exemple lors du récital du 18 mars 2018 donné en la cathédrale nationale de Washington par Jeremy Filsell[86] ou lors de la messe radiodiffusée depuis la chapelle « Sainte-Marie Mère de l'Église » de l'institution Sainte-Marie d'Antony le 17 juin 2018[87].



Discographie |


Pierre Pincemaille a réalisé de nombreux enregistrements[88],[89],[90], parmi lesquels :



  • Intégrale de l'œuvre pour orgue de Maurice Duruflé - Bonn–Beuel (Allemagne) - 2000 - Motette 12541.

  • Intégrale de l'œuvre pour orgue de César Franck - Basilique Saint-Sernin de Toulouse - Solstice - novembre 2005 - SOCD 231-232.

  • Les dix symphonies de Charles-Marie Widor, enregistrées sur dix orgues Cavaillé-Coll en France (Cathédrale Saint-Pierre de Lisieux, église Saint-Antoine-des-Quinze-Vingts, église Sainte-Croix de Saint-Malo, basilique Saint-Denis, église Saint-François-de-Sales de Lyon, église Saint-Sulpice de Paris, église de la Madeleine, église Saint-Étienne de Caen, abbaye Saint-Ouen de Rouen, basilique Saint-Sernin de Toulouse) - Solstice SOCD 181-185.

  • Les œuvres de jeunesse d'Olivier Messiaen - IFO 00318/19 : La Nativité du Seigneur, Le banquet céleste, Apparition de l'Eglise éternelle, L'Ascension[91].

  • Œuvre écrite de Pierre Cochereau : thème et variations sur « Ma jeunesse a une fin » – Micro-sonate en trio – Trois variations sur un thème chromatique - Eglise de Roquevaire (Bouches-du-Rhône), 1998-1999 - Solstice SOCD 163.

  • Les transcriptions, par lui-même, de L'Oiseau de feu et de Petrouchka d'Igor Stravinsky - Maison de Radio-France (Paris), juillet 1996 – juin 1997 - Solstice SOCD 153.


  • Deuxième Symphonie et Deuxième Suite des Pièces de fantaisie de Louis Vierne - Basilique Saint-Denis, septembre 2001 - Festivo FECD 137.


  • Messe solennelle… de Louis Vierne - Pierre Pincemaille (orgues), Ensemble de cuivres de l'Opéra de Paris, 1998 - Forlane 16786 (OCLC 690092154).

  • Œuvres du XIXe siècle à Saint-Denis : Boëly, Chauvet, Alkan, Saint-Saëns, Franck - Basilique Saint-Denis, mai 1994 - Solstice SOCD 116.

  • Œuvres de Franck, Boëllmann, Vierne, Alain, Improvisation à Marienstatt - IFO 00039.


  • Joseph Jongen, Aaron Copland, Symphonies pour orgue et orchestre - Direction : Daniel Tosi - Cathédrale de Perpignan - Solstice SOCD 198.


  • Camille Saint-Saëns : 3e Symphonie et Trois fantaisies pour orgue, enregistrés sur l'orgue de la basilique Saint-Denis (Pierre Pincemaille, Orchestre français d'oratorio, direction Jean-Pierre Loré) - EROL ER 94001 (1992).


  • Hector Berlioz : Te Deum pour trois chœurs et orgues Opus 22 (Pierre Pincemaille, Orchestre français d'oratorio, direction Jean-Pierre Loré) - EROL (mars 1991).

  • Improvisations - Cannes : un Festival d'improvisations - Notre-Dame de Bon Voyage - Ctésibios CTE 065.

  • Improvisations - Prélude, ricercare et Noël varié, Grand messe - Basilique Saint-Denis, novembre 1994 - Éditions Lade ELCD 015.

  • Improvisations - Six chansons de France, Prélude et Fugue sur « Aristide » - Basilique Saint-Denis, 2000 - Motette 12551.

  • Improvisations sur des thèmes de Noëls anglo-saxons - Perkins Chapel, SMU, Dallas (Texas), mai 2002 - Solstice SOCD 203.

  • Improvisations - Livre d'orgue, Symphonie, Variations sur Tantum Ergo - Collégiale Notre-Dame d'Espérance de Montbrison (Loire), juin 1990 - Pierre Verany PV 790111.

  • Improvisations - Prélude et double fugue, Suite de danses, Poème symphonique - Variations sur (de) « Vom Himmel hoch » - Cathédrale de Minden (Allemagne) - Organ ORG 7001-2.

  • Improvisations sur des hymnes nationaux européens - Église Saint-Martin de Dudelange (Luxembourg), 2012 - IFO 00418.

  • Improvisations, Inauguration du nouvel orgue - Institution Sainte-Marie d'Antony, 9 avril 1995 - DS C 596715, D. Fellot.

  • Inauguration de la Cité de la Musique et de la Danse, Cité de la musique et de la danse de Strasbourg, 16 septembre 2006 - Muhleisen - Radio Accent 4 (disque non commercialisé)[92].



Décorations, distinctions et hommages |


Pierre Pincemaille est chevalier des Palmes académiques (promotion du 14 juillet 2003), chevalier des Arts et des Lettres en 2006 et chevalier de l'ordre de Saint-Grégoire-le-Grand le 16 juin 2007, décoration accordée par le Vatican pour services rendus à l'Église.


Il obtient le diapason d'or pour l'enregistrement de l'intégrale des symphonies de Charles-Marie Widor[93],[p].


Son décès est annoncé sur divers médias : médias nationaux (comme Le Monde.fr[15] ou France Musique[94]), médias locaux (comme le Journal de Saint-Denis[95]), médias institutionnels (site web de la DRAC d'Île-de-France[96], comptes Twitter de conservatoires), ou encore certains sites spécialisés (comme « Orgue en France »[97]).


Après son décès, divers hommages lui sont rendus. C'est le cas notamment avec plusieurs concerts, en particulier les concerts du 3 février 2018 à l'Oratoire du Louvre[98], du 14 avril 2018 à la cathédrale de Saint-Denis[53],[99], le concert de l'ensemble Amarillis du 5 avril 2018 lors du festival musical « Le Printemps des orgues »[100], le 24 août 2018 lors du 52e festival de musique de La Chaise-Dieu[101],[102], ou encore les récitals des 13, 20 et 27 juillet 2018 lors de la 62e édition du festival musical « La voix des orgues » de Guérande[103]. Des émissions de radio lui rendent également hommage les 18 janvier 2018[104] et 19 janvier 2018[105] sur le réseau des radios chrétiennes francophones.



Pour approfondir |



Bibliographie et filmographie |


Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.




  • (de) Elke Völker, « Der Reiz perfekter Illusion. Ein Interview mit dem Pariser Organisten und Starimprovisator Pierre Pincemaille » in Organ – Journal für die Orgel 1, No. 1 (1998), p. 18–21.

  • Yvette Carbou, Pierre Pincemaille : « L'improvisateur à Notre-Dame » in Pierre Cochereau : Témoignages, Éditions Auguste Zurfluh, 1999, p. 273–339 (ISBN 978-2-87750-087-6). Document utilisé pour la rédaction de l’article

  • Yvette Carbou, Pierre Pincemaille : « L'improvisateur à Notre-Dame » in Pierre Cochereau : Un art d'illusioniste, éditions Delatour France, 2014, p. 263–338 (ISBN 978-2-7521-0124-2).

  • Pierre Pincemaille : À propos de l'interprétation des œuvres pour orgue de César Franck [lire en ligne].

  • Pierre Pincemaille : À propos de la composition (Prologue et Noël varié, éditions Delatour, 2007). Document utilisé pour la rédaction de l’article

  • Pierre Pincemaille : « Les grandes orgues » in La grâce d'une cathédrale - Saint-Denis, dans l'éternité des rois et reines de France (sous la direction de Pascal Delannoy), La Nuée bleue, place des victoires, éditions du quotidien, 2015, p. 323-324 (ISBN 978-2-8099-1284-5).


Pierre Pincemaille a également participé à l'élaboration de l'étude Le génie de Cavaillé Coll, sortie en DVD en 2013[106].



Articles connexes |



  • Histoire de l'orgue

  • Musique d'orgue

  • Harmonie tonale



Liens externes |


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  • Pierre Pincemaille sur le site de la Bibliothèque Nationale de France ;


  • [vidéo] Pierre Pincemaille joue le Prélude, Fugue et Variation de César Franck sur YouTube ;


  • [vidéo] Pierre Pincemaille joue le Scherzo de la 2ème Symphonie de Louis Vierne sur YouTube ;


  • [vidéo] Pierre Pincemaille improvise sur « son » orgue de la cathédrale de Saint-Denis sur YouTube (prélude improvisé lors de la messe du 19 juin 2016) ;


  • [vidéo] Pierre Pincemaille - Prologue et thème varié improvisé sur YouTube ;


  • [vidéo] Pierre Pincemaille - Prélude et fugue improvisé sur le prénom ARISTIDE sur YouTube ;


  • [vidéo] Improvisation sur un thème breton par Pierre Pincemaille sur YouTube (festival « La voix des orgues », concert du 29 juillet 2011 à la Collégiale Saint-Aubin de Guérande[107]) ;


  • Biographie de Pierre Pincemaille sur musimem.com.



Notes et références |



Citations |





  1. « Pour moi, à UN instrument doit correspondre UN artiste. Pourrait-on imaginer (en leurs temps) un Vierne, un Tournemire, un Dupré, un Langlais, un Messiaen, un Cochereau partager leur poste ? Pourrait-on imaginer plusieurs archevêques de Paris officiant à tour de rôle ? »[24].


  2. « c'est un instrument qui souffre d'une odeur de sacristie. On le considère rarement comme il devrait l'être : un instrument de musique »[42].




Notes |





  1. a et bSon père, Henri Pincemaille (mort le 10 décembre 1989) et son grand-père, Fernand Pincemaille (mort le 9 juin 1959, chevalier de l'ordre national de la Légion d'honneur) étaient tous deux anciens élèves de l'École polytechnique, respectivement promotions 1933[1],[2] et 1905[3].


  2. Marguerite Rollet a donné des auditions de 1908 à 1912 dans La Libre Esthétique (cercle artistique auquel a participé notamment Vincent d'Indy, disciple de César Franck)[6],[7],[8]. Dans l'ouvrage Bruxelles ou la convergence des arts, il est précisé que « Au cours des années 1910, les cantatrices Marie-Anne Weber (1884-1953) et Marguerite Rollet deviennent les cantatrices habituelles de la scène de La Libre Esthétique »[9]. On trouve en outre la trace d'un concert qu'elle a donné le 31 août 1911 à Ypres dans Le Progrès (journal belge)[10].


  3. La cérémonie religieuse se déroule à l'église Saint-Martin d'Herblay le 17 janvier 2018, suivie le lendemain de l'inhumation au nouveau cimetière de Tréflez dans le Finistère[14],[16].


  4. Claude Lavoix était pianiste. Elle est décédée en 2017[18].


  5. Fondée le 8 octobre 1953, la manécanterie des Moineaux du Val de Marne change de nom en 2013 pour s'appeler « Les Petits Chanteurs de Nogent-sur-Marne ». Le chœur est affilié depuis 1955 à la Fédération Internationale des Pueri Cantores, qui regroupe des chorales du monde entier[26]. On trouve sur le site de la Bibliothèque nationale de France des enregistrements de la manécanterie des Moineaux du Val de Marne avec Pierre Pincemaille comme interprète à l'orgue[27].


  6. Le secrétaire de l'association de sauvegarde de l'orgue de Vimoutiers considère dans un article du quotidien Ouest France à propos de Pierre Pincemaille : « Instrumentiste virtuose, son talent d'improvisateur est unanimement reconnu par l'opinion internationale »[35]. Le journal Sud Ouest parle quant à lui, à l'occasion du concert d'inauguration des orgues de l'église Notre-Dame d'Oloron-Sainte-Marie, d'« un des plus grands organistes du monde »[36].


  7. a et bOuest-France publie, pour le concert à l'église Saint-Tudy de Loctudy : « Instrumentiste virtuose, son extraordinaire talent d'improvisateur lui permet d'exploiter toutes les ressources sonores d'un orgue. »[54]. Dans un autre article de La Presse (Montréal), à l'occasion du concert à Lachine (Montréal, Canada) : « toujours éblouissant virtuose de l'orgue et, surtout, possesseur de cette science organistique grâce à laquelle il peut aller au maximum des possibilités offertes en une heure de fréquentation d'un instrument nouveau pour lui. »[55].


  8. Pour la 5ème soirée du Printemps musical du Vaucluse, le journal La Provence précise : « Autant l'admettre d'emblée, Pierre Pincemaille fait partie de ces interprètes dont on ne se lasse pas, tant sa verve organistique et son talent d'improvisateur font de chacun de ses concerts un événement mémorable »[37].


  9. Pour Le Figaro Magazine, « la grande tradition française issue du romantisme n'est pas éteinte pour autant, grâce au talent d'improvisateur d'un Pierre Pincemaille ou au génie novateur d'un Jean Guillou. »[44].


  10. Michel Roubinet écrit dans Concertclassic.com à l'occasion des 25 ans de Pierre Pincemaille aux commandes de l'orgue de la basilique Saint-Denis : « Pierre Pincemaille, est un amateur proclamé du « confort à tous les étages » : transmissions électriques, combinateur et séquenceur, tout ce qui peut contribuer à un art de l'improvisation symphonique alliant souplesse et nervosité »[45].


  11. Le journal La Croix parle de Pierre Pincemaille comme d'un « virtuose renommé pour son formidable talent d'improvisateur »[49].
    Pour le journal L'Alsace, « Pierre Pincemaille est considéré comme le plus grand improvisateur de notre époque après son maître Pierre Cochereau »[50].
    Le journal Le Progrès écrit à propos de Pierre Pincemaille que « son prodigieux talent d'improvisateur est universellement reconnu. »[51].



  12. Vincent Warnier déclare dans Le Monde, « Je ne suis pas de ceux qui, comme Pierre Pincemaille, par exemple, peuvent improviser un prélude et fugue dans le plus parfait style à la Jean-Sébastien Bach. »[52].


  13. Pour l'inauguration des orgues d'Auvernier, un article du journal L'Express (Neuchâtel) relate : « Brillant virtuose, capable d'enfiler les traits les plus scabreux avec une aisance stupéfiante, [Pierre Pincemaille] se distingue en outre par sa parfaite connaissance des registrations et sa musicalité absolue qui se traduit non seulement dans ses interprétations lumineuses des pages de Bach, mais encore dans son style improvisé qui aura marqué les auditeurs par son invention colorée, ses contrepoints subtilement conduits et ses harmonies savoureuses. »[56].


  14. À la suite du concert du 28 septembre 2012 à Lachine (Montréal, Canada), le journal La Presse (Montréal) écrit : « Au départ, un souci accompagnait sans cesse l'exécution virtuose : celui de mettre en valeur les ressources du Casavant de 65 jeux des Saints-Anges. Ce qui fut fait dès le troisième Choral de César Franck, la pièce d'entrée, où une registration extrêmement fournie conférait un rare dramatisme à un discours déjà anxieux. »[55].


  15. C'est le cas par exemple le 9 avril 2016 au conservatoire de Meudon[70].


  16. Le magazine Diapason consacre une page entière (page 54) à cet enregistrement qu'il qualifie de « un régal ». La critique commence par ces termes « Si l'on commence en saluant l'exploit de Pierre Pincemaille, terme si peu musical, je crains qu'on passe à côté de l'essentiel, la musique. Et pourtant ! Les dix symphonies de Widor sur dix des plus beaux Cavaillé-Coll, tous admirables et singuliers, le tout gravé en un an jour pour jour : chapeau bas. ».




Références |





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  9. Laurence Brogniez, Vanessa Gemis : « Les femmes, les XX et La Libre Esthétique : entre ombre et lumière » in Bruxelles ou la convergence des arts (1880-1914), Paris, Vrin, « MusicologieS », 2013, p. 227-247.



  10. « La grande semaine », Le Progrès (journal belge), no 71ème année, n°35,‎ 28 août 1911, p. 3 (lire en ligne).




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