Sélim Ier







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Sélim Ier

Illustration.
Le sultan Sélim Ier par Konstantin Kapıdağlı, vers 1800.
Titre

9e sultan ottoman
25 avril 1512 – 20 septembre 1520
(8 ans, 4 mois et 26 jours)
Prédécesseur

Beyazit II
Successeur

Soliman le Magnifique
Calife
Prédécesseur

Al-Mutawakkil III
Successeur

Soliman le Magnifique
Biographie
Dynastie

Dynastie ottomane
Date de naissance
1470-1471
Lieu de naissance

Amasya
Date de décès

20 septembre 1520(à 49 ans)
Lieu de décès

Constantinople
Père

Bajazet II
Mère

Gülbahar Hatun (en)
Conjoint

Hafsa Sultan
Enfants

Soliman le Magnifique
Hatice
Sah
Beyhan
Fatma
Héritier

Soliman le Magnifique
Religion
Islam sunnite
Résidence

Palais de Topkapı





Signature de Sélim Ier
Liste des sultans de l'Empire ottoman



Sélim Ier par John Young, 1815.


Sélim Ier (Yavuz Sultan Selim Han) dit « le Brave » ou « le Terrible » (en turc : yavuz, « cruel », « brave », « hardi », « audacieux ») (né en 1470/1[1] à Amasya - mort le 20 septembre 1520 à Constantinople) fut le 9e sultan de l'Empire ottoman et le premier à porter le titre de calife[2] (à partir de 1517). Il succéda à son père Bajazet II.


Il a eu quatre filles et un fils nommé Suleyman, plus connu sous le nom de Soliman le Magnifique, qui lui succéda à sa mort.


Aujourd'hui, le troisième pont traversant le Bosphore, le pont Yavuz Sultan Selim, porte son nom.




Sommaire






  • 1 Biographie


    • 1.1 Prise du pouvoir


    • 1.2 Unification de l’Anatolie


    • 1.3 Conquête de l'Égypte


    • 1.4 Sur les mers


    • 1.5 Sa mort




  • 2 Notes et références


  • 3 Annexes


    • 3.1 Articles connexes


    • 3.2 Lien externe


    • 3.3 Bibliographie







Biographie |


Nommé par son père Bajazet II gouverneur de Trébizonde, Sélim met à profit cette fonction pour se familiariser avec l'administration et pour mener quelques campagnes militaires victorieuses. Très proche des janissaires dont il adopte partiellement le costume, il est considéré comme frugal et économe, très religieux et rusé. Il organise un réseau d’espionnage efficace dans tout le pays et dans les pays voisins.


Il fait la conquête d'une partie de la Géorgie, correspondant aux provinces de Kars, d'Erzurum, et d'Artvin.



Prise du pouvoir |


L'année suivante, Sélim entre en rébellion contre son père, qu'il finit par contraindre à l'abdication avec l'aide des janissaires en 1512. Il tue ses frères et neveux pour éliminer tout prétendant au trône. Il donne la preuve de son intransigeance en exécutant devant leurs hommes deux officiers ayant montré des signes d'insubordination.



Unification de l’Anatolie |


Il ne rompit pas la paix avec les puissances chrétiennes, en revanche à l’est les Safavides iraniens constituaient un danger pour l’Empire ottoman. Ismaïl Ier diffusait le chiisme que Sélim considérait comme une horrible hérésie. Le but de Sélim était d’éliminer les Safavides et de rétablir ainsi l’unité des musulmans. Le 23 avril 1514 il partit vers Sinop et y laissa un détachement de 40 000 soldats et partit en campagne vers Iran avec le reste de l’armée soit 100 000 soldats. L’armée d’Ismaïl comprenait elle aussi 100 000 hommes mais était beaucoup moins bien équipée et surtout l’artillerie ottomane était très supérieure. La bataille eut lieu à Tchaldiran (turc : Çaldıran dans la province de Van) le 23 août 1514. Les Ottomans sortirent vainqueurs. Le Chah put s’échapper.


Erzincan et Bayburt furent envahis et la forteresse de Kemah (près d’Erzincan) fut prise. Sélim continua son avancée et entra dans Tabriz. Tout l’Est de l’Anatolie passa sous la domination ottomane. Le 15 septembre 1514, Sélim se retira de Tabriz pour se diriger vers le Karabakh (Karabağ), mais il préféra se replier sur Amasya pour y passer l’hiver.


En juin 1515, Sélim voulut abolir le beylik des Dulkadir (Dulkadiroğlu), le bey s’y refusa bien qu’il fût le grand-père maternel de Sélim. Son opposition fut balayée lors de la bataille du mont Turna (en) (Turnadağ dans la province de Kahramanmaraş) le 12 juin 1515. La principauté devint l'eyalet de Dulkadir.



Conquête de l'Égypte |


Les Safavides s’allièrent avec les Mamelouks du Caire. En apprenant cela Sélim partit aussitôt en campagne vers l’Égypte (juin 1516). Le 27 août la citadelle d’Antep (aujourd’hui Gaziantep en Turquie) se rendit ainsi que celle de Besni (dans la province d’Adıyaman).


La bataille eut lieu à Marj Dabiq aux environs d’Alep (Syrie). Deux ans exactement après la bataille de Tchaldiran, ce sont cette fois les Mamelouks qui sont écrasés par la supériorité des armées ottomanes. Le sultan mamelouk Qânsûh al-Ghûri est tué et le calife abbasside al-Mutawakkil III est fait prisonnier. Sélim entra dans Alep le 28 août 1516. Le jour suivant les prières furent dites en son nom, le déclarant calife. Une campagne éclair lui fait prendre la Syrie et le Liban, il traverse le désert du Sinaï en 13 jours. Il battit les Mamelouks une nouvelle fois aux environs du Caire à la bataille de Ridaniya le 24 janvier 1517. Le dernier sultan mamelouk est exécuté le 13 avril. Le 6 juillet La Mecque et Médine étaient territoires ottomans. Le calife al-Mutawakkil abdiqua en faveur de son père al-Mustamsik. Ce dernier remit dans les mains de Sélim les insignes du pouvoir califal. Sélim envoya à Constantinople les objets sacrés (turc : Emanat-ı Mukaddes) l'épée, la robe, l'étendard et des dents du prophète et transforma Constantinople en centre du califat[3].


Il resta encore au Caire pendant huit mois et revint à Constantinople le 25 juin 1518.



Sur les mers |




Sélim Ier sur son lit de mort, miniature ottomane du Selim-Nameh, XVIe siècle.


Les frères Barberousse Arudj puis Khayr ad-Dîn, chefs des corsaires d'Alger, étaient en lutte contre l'Espagne des Rois catholiques. Sélim leur accorda une aide matérielle en leur fournissant des navires. Vers 1518, Khayr ad-Dîn Barberousse décida de s'allier complètement à l'Empire ottoman en faisant allégeance au sultan qui lui donna le titre de pacha et de beylerbey avec une troupe de 2 000 janissaires munis d'artillerie, puis de 4 000 volontaires ayant le statut de janissaires. La domination turque sur l'Algérie et la Tunisie ne sera complète que sous le règne de Soliman.



Sa mort |


Selim Yavuz mourut le 20 septembre 1520 d'un cancer à cinquante ans alors qu'il préparait une expédition contre l'île de Rhodes. Il laissait à son fils Süleyman, futur Soliman le Magnifique, un empire en pleine expansion qui s'étendait sur l'Europe, l'Asie et l'Afrique. Son chroniqueur et conseiller, Idris-i Bidlisi, mort la même année, laissa une biographie inachevée du sultan, le Selim-Nameh (Livre de Sélim).


Sélim écrivait des poèmes en persan sous le pseudonyme de Mahlas Selimi. Dans l'un d'eux, il écrit :


« Un tapis est assez large pour contenter deux soufis mais le monde n'est pas assez large pour deux rois. »


Son türbe a été élevé derrière la mosquée du sultan Selim Ier, construite en son honneur par son fils et successeur Soliman, dans l'actuel district de Fatih à Istanbul.



Notes et références |





  1. Halil İnalcık, s.v. dans Encyclopaedia of Islam, vol. IX, 1997, p. 127.


  2. Selim s'empare des insignes du pouvoir califal détenus au Caire, cependant la transmission du titre de calife au sultan ottoman est une fiction créée au plus tôt à la fin du XVIIIe siècle. Voir :


    • (en) Clifford Edmund Bosworth, op. cit. (lire en ligne), « The caliphs in Cairo 659-923/1261-1517 », p. 9.


    • Janine & Dominique Sourdel, op. cit., « Abbassides, 749-1517 », p. 11.


    • Janine & Dominique Sourdel, op. cit., « Califat », p. 181, précise que le titre officiel de calife et de commandeur des croyants n'a jamais été pris par les Ottomans. C'est la constitution ottomane de 1876 qui prévoit que « le sultan en tant que calife est le protecteur de la religion musulmane. »




  3. Concernant cette transmission du titre de calife, Bernard Lewis écrit :

    « Il n'y a pas l'ombre d'un doute que cette histoire soit apocryphe. Ni les historiens égyptiens ni les historiens ottomans du XVIe siècle n'y font la moindre allusion et il est inconcevable qu'un événement de cette ampleur soit passé inaperçu. De temps en temps, les Ottomans firent usage de titres califaux, mais beaucoup d'autres monarques musulmans relativement mineurs en firent autant. […] L'ère du califat universel était révolue et aucun souverain musulman n'y prétendit jusqu'à ce que l'idée en fut ressuscitée par les Ottomans à la fin du XVIIIe siècle.

    Cette revendication surgit pour la première fois dans le traité de Kaïnardji en 1774. […] Afin de sauver la face, le sultan, tout en renonçant à la souveraineté politique sur la Crimée, fut autorisé à proclamer que « en tant que chef religieux suprême de l'Islam », il était le chef religieux des Tatars. »



    — Bernard Lewis, Islam, Paris, Gallimard, coll. « Quarto », 2005, 1333 p. (ISBN 9782070774265), « Le langage politique de l'islam / Gouvernants et gouvernés », p. 732.


    Cette proclamation aurait manifestement violé la tradition arabe et plusieurs hadiths qui stipulent que le calife doit toujours être un membre de la tribu mecquoise des Quraych :



    « Abd Allah ben `Umar, rapporte : Le Messager de Dieu disait : Le califat restera parmi les Quraych même s'il ne reste que deux personnes sur terre »



    — (en) « Sahih de Muslim, livre 020, no 4476 », sur Compendium of Muslim Texts, University of Southern California.


    En 1922, ce prétendu titre de calife sera mis en avant par la Grande Assemblée nationale de Turquie qui élit Abdülmecit II comme « calife » alors qu'il succède à Mehmed VI qui a été déchu du titre de sultan par la révolution menée par Mustafa Kemal Atatürk.







Annexes |



Articles connexes |



  • Empire ottoman

  • Kurtoğlu Muslihiddin Reis

  • Bataille de Tchaldiran

  • Bataille de Marj Dabiq

  • Bataille de Ridaniya



Lien externe |



  • (en) Ottoman Web Site.


Bibliographie |


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  • Janine et Dominique Sourdel, Dictionnaire historique de l'islam, PUF, coll. « Quadrige », 2004, 1056 p. (ISBN 978-2-130-54536-1).


  • (en) Clifford Edmund Bosworth, The new Islamic dynasties: a chronological and genealogical manual, Edinburgh University Press, 389 p. (ISBN 9780748621378, lire en ligne), « The Burjī line 784-922/1382-1517 », p. 77.


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