Élections législatives françaises de 1981

























































































































Élections législatives françaises de 1981
14 et 21 juin 1981
Corps électoral et résultats
Votants au 1er tour
25 141 190


70,65 %  −12,1
Votants au 2d tour
18 665 028


74,46 %



Bundesarchiv B 145 Bild-F065127-0013, Köln, SPD Wahlveranstaltung, Jospin (recropped).jpg

Majorité présidentielle – Lionel Jospin



Voix au 1er tour
13 680 912


54,42 %


 +9,2

Voix au 2e tour
10 598 985


56,75 %


Députés élus
329

 +130



Jacques Chirac mid-eighties.jpg

Droite parlementaire – Jacques Chirac



Voix au 1er tour
10 763 494


42,81 %


 −3,7

Voix au 2e tour
8 072 526


43,22 %


Députés élus
150

 −127
Représentation de l'assemblée

Diagramme
Gouvernement

Sortant

Élu

Dernière séance de l'Assemblée
Barre II
Après l'élection présidentielle :
Mauroy I
Droite (RPR, UDF)

Mauroy II
Majorité présidentielle (PS, PCF, MRG, DVG)
Législature élue

VIIe de la Ve République

Les élections législatives de 1981 ont lieu les 14 et 21 juin 1981, à la suite de la dissolution de l'Assemblée nationale par le président de la République François Mitterrand le 22 mai 1981 (VIIe législature). Le PS et ses alliés lui donnent la majorité absolue au Parlement. Un deuxième gouvernement Pierre Mauroy fait entrer quatre ministres communistes.




Sommaire






  • 1 Contexte des élections et campagne


    • 1.1 Une dissolution prévisible


    • 1.2 Campagne électorale


      • 1.2.1 À droite, l'union à tout prix dès le premier tour pour limiter l'ampleur de la défaite


      • 1.2.2 À gauche, donner une majorité d'action au nouveau Président de la République


      • 1.2.3 Les petites formations politiques : l'occasion d'exister et de compter leurs troupes






  • 2 Résultats


    • 2.1 Analyse politique des résultats : de la « vague » au « raz de marée » rose


    • 2.2 Analyse géopolitique des résultats : l'emprise nationale du Parti socialiste




  • 3 Composition de l'Assemblée nationale


  • 4 Conséquences des élections


    • 4.1 L'« Assemblée des instituteurs »


    • 4.2 34 ans après, le retour des communistes au gouvernement




  • 5 Articles connexes





Contexte des élections et campagne |


Le 10 mai 1981, lors du second tour des élections présidentielles, le candidat socialiste François Mitterrand est élu Président de la République avec 51,76 % des suffrages exprimés, distançant de plus d'un million de voix son rival, le Président sortant, Valéry Giscard d'Estaing. La dissolution de l'Assemblée nationale constituera avec la nomination d'un nouveau Premier ministre, Pierre Mauroy, chargé de former un gouvernement, l'une des premières décisions prises dès sa prise de fonction le 21 mai 1981.



Une dissolution prévisible |


Le nouveau Chef de l'État utilise ce droit de dissolution comme prérogative présidentielle prévue par l'article 12 de la Constitution de la Cinquième République. Naturellement, cette mesure était attendue d'autant plus que le candidat Mitterrand avait affiché son intention durant la campagne présidentielle, notamment au cours du débat d'entre-deux tours l'opposant le 5 mai 1981 à Valéry Giscard d'Estaing, de dissoudre, une fois élu, l'Assemblée nationale. Il avait notamment affirmé que le Président « peut dissoudre quand il le veut. Et je dissoudrai quand je le déciderai […]. J'ai l'intention de dissoudre et j'ai l'intention de faire procéder à des élections avant le 1er juillet […]. Le problème pour moi serait de disposer d'une majorité, parce qu'on ne peut pas mener une autre politique sans une autre majorité ». François Mitterrand entend que l'action gouvernementale dispose d'une nouvelle chambre apte à la soutenir. Il épouse alors le système majoritaire de la Cinquième République reposant sur une double légitimité, celle du chef de l'État ainsi que celle du Parlement, légitimités qui doivent s'accorder. Tel n'est pas le cas en l'espèce puisque le nouveau Président est confronté à l'Assemblée nationale sortie des urnes au soir du 19 mars 1978 à majorité RPR et UDF qui n'aurait pas voté les réformes promises par le candidat socialiste. Cette cohérence ne peut être restaurée que par l'arme de la dissolution. Comme le souligne le professeur Jean Gicquel dans son manuel Droit constitutionnel et institutions politiques chez Monchrestien, celle-ci est « une technique d'ajustement de la majorité parlementaire à la majorité présidentielle ».



Campagne électorale |




À droite, l'union à tout prix dès le premier tour pour limiter l'ampleur de la défaite |



À gauche, donner une majorité d'action au nouveau Président de la République |



Les petites formations politiques : l'occasion d'exister et de compter leurs troupes |



Résultats |





























































































































































Résultats des élections législatives des 14 et 21 juin 1981



Premier tour
14 juin 1981

Second tour
21 juin 1981


Nombre % des inscrits Nombre
% des inscrits
Inscrits
36 338 650
100,00
25 097 197
100,00
Abstentions
10 786 146
29,68
6 263 782
24,96
Votants
25 552 504
70,32
18 339 874
73,08
% des votants
% des votants
Bulletins blancs et nuls
360 929
1,41
493 541
2,62
Suffrages exprimés
25 191 575
69,32
18 339 874
73,08

Étiquette politique Voix % des exprimés Sièges



PS
9 077 435
36,03

266


PCF
4 065 962
16,13

44


MRG
354 632
1,41

14


DVG
201 995
0,80

9


Majorité présidentielle (gauche)

13 700 072

54,37

333



RPR
5 249 670
20,83

85


UDF
4 830 833
19,17

62


Divers droite
713 582
2,83

11


Union pour la nouvelle majorité (droite)

10 794 085

42,83

158



Écologistes
271 688
1,07

0


Extrême gauche
334 674
1,32

0


Extrême droite
90 422
0,35

0




Analyse politique des résultats : de la « vague » au « raz de marée » rose |


Le politologue François Goguel a montré (dans Le Monde en novembre 1981) qu'à ces élections législatives de 1981, le nombre des voix de gauche était le même qu'aux précédentes élections — perdues par la gauche — de 1978, mais que les voix de droite avaient diminué, elles, de 10 % tandis que le taux d'abstention augmentait de 10 %. Autrement dit, contrairement aux apparences, la « vague rose » de 1981 n'a pas été une victoire de la gauche, mais une défaite de la droite, dont une partie des électeurs s'est abstenue.



Analyse géopolitique des résultats : l'emprise nationale du Parti socialiste |


Porté par la « vague rose », le nouveau président socialiste François Mitterrand obtient une majorité écrasante (58 % des sièges sont occupés par le seul Parti socialiste). Les rapports de force à gauche s'en trouvent bouleversés : si le PS obtient un aussi vif succès, c’est aux dépens du PCF, qui perd près de la moitié de ses députés. Cela n’empêche pas l’Union de la gauche de se muer en gouvernement de coalition : ministres socialistes, communistes et radicaux se côtoient au sein du gouvernement du Premier ministre Pierre Mauroy.



Composition de l'Assemblée nationale |
































































Groupe parlementaire
Députés
Membres
Apparentés
Total

SOC

Socialiste
265
20
285

RPR

Rassemblement pour la République
79
9
88

UDF

Union pour la démocratie française
51
11
62

COM

Communiste
43
1
44


Total de députés membre de groupes

479


Députés non-inscrits
12


Total des sièges pourvus

491


Conséquences des élections |



L'« Assemblée des instituteurs » |




34 ans après, le retour des communistes au gouvernement |




Articles connexes |



  • Assemblée nationale (France)

  • Élections législatives en France

  • Résultats par département des élections législatives françaises de 1981

  • Liste des députés de la VIIe législature de la Cinquième République




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