Raymond Jarlaud






Raymond Gabriel Jarlaud






















Naissance
23 août 1902
Semezanges, Côte-d'Or (Drapeau de la France France)
Décès
20 octobre 1972(à 70 ans)
Saint-Chamassy, Dordogne (Drapeau de la France France)
Nationalité
Drapeau de la France France
Domaines
aéronautique



Raymond Jarlaud, né le 23 août 1902 à Semezanges, en Côte-d'Or[1] et mort le 20 octobre 1972 à Saint-Chamassy en Dordogne[2], est un ingénieur aéronautique français, concepteur de planeurs avant, pendant et après la Seconde Guerre mondiale.




Sommaire






  • 1 Biographie


    • 1.1 Entre-deux-guerres


    • 1.2 Seconde Guerre mondiale


    • 1.3 Après-guerre




  • 2 Vie privée


  • 3 Distinctions


  • 4 Notes et références


    • 4.1 Bibliographie


    • 4.2 Liens externes







Biographie |


Raymond Jarlaud nait le 23 août 1902 en Bourgogne[2]. Il fait ses études au collège de Beaune et au lycée de Dijon.



Entre-deux-guerres |


Il est diplômé de Supaero en 1925. Il débute au bureau d’études de la société des hydravions CAMS à Sartrouville, puis à la Société des Avions Bernard, où il travaille sur l'Oiseau Canari qui réalise la première traversée française sans escale de l’Atlantique Nord, le 13 juin 1929, piloté par Jean Assollant, René Lefèvre et Armand Lotti[2].


En 1930, l’ingénieur Pierre Massenet (1900-1969) créé l'Association pour la valorisation de l’industrie aéronautique (Avia), organisme privé, dans le but de promouvoir le vol à voile en France et d’encourager la création de planeurs. Raymond Jarlaud est un des membres fondateurs de l’Avia[3]. Outre l’organisation de manifestations diverses (concours), Avia se dote donc d’un bureau d’études dont Raymond Jarlaud prend la direction. Il s’entoure d’une équipe comprenant le pilote Éric Nessler, Roger Cartier, Max Gasnier, Charles Campelauvier. Entre 1930 et 1935, Avia a produit neuf modèles de planeurs différents qui ont été construits soit chez des sous-traitants soit par les clubs. Les plus connus sont l’Avia 50 et l’Avia 60 réalisés en 1933, des motoplaneurs (planeurs à moteur auxiliaire)[4].


De 1936 à 1939, Raymond Jarlaud est chef du bureau d’études des avions Maurice Delanne. Il y créa les avions biplaces Delanne 10 C2 (chasse, biplace), Delanne 20-T, Delanne 30 P2, et le petit planeur d'entraînement monoplace Delanne 60-E.1[2].



Seconde Guerre mondiale |


En 1939 il rejoint l’Arsenal de l'aéronautique puis se replie sur le centre de vol à voile de la Montagne Noire. Il succède comme chef de centre à Morignot après la déportation de ce dernier[2].


Pendant les années sombres de l’Occupation de 1940 à 1943, Raymond Jarlaud est le chef du département «planeurs» des Avions Caudron. Il étudie le biplace école Caudron C.800 « Épervier ». Le prototype, achevé en janvier 1942, effectue son premier vol en avril suivant, piloté par Roger Janin. Mais l’invasion de la zone libre par les Allemands interrompt tout travail. Après la Libération de la France, le C.800 est fabriqué en grande série pour relancer la pratique du vol à voile. La commande initiale de l’État portait sur 450 exemplaires mais elle sera réduite à 248 appareils. Ce planeur connut une utilisation intensive. Il avait la réputation d’avoir un pilotage très classique, qui en faisait un planeur école excellent[5]. Raymond Jarlaud réalise aussi les C.810 et C.811, dérivés du C.800[2].


Entré au service des sports aériens en 1943, il fut chef de l’atelier central de Castelnaudary puis de l’Établissement d’Études Techniques des Sports Aériens (EETSA) qui disposait d’un bureau d’études. Il y créa le SA-100 Émouchet qui sera fabriqué en plusieurs versions désignées SA-101 à SA-104[2].



Après-guerre |


Chef du département « Etudes planeurs » à l’Arsenal de l'aéronautique de 1946 à 1949, il poursuit l’œuvre débutée à Castelnaudary, mais avec des moyens industriels plus importants. À partir d’une étude faite par le groupe L’Air replié à Toulouse, il réalise l’Air 100 en 1947. Construit à Châtillon (Hauts-de-Seine), ce planeur vole pour la première fois le 10 juin 1947. Après ses premiers vols, le n° 01 part à Wichita Falls (Texas), pour un concours international où il se classe honorablement. Aux commandes du n° 12, Charles Atger remporte le record du monde de durée de vol avec 56 heures 15 minutes, au-dessus de Saint-Rémy-de-Provence, avec l’aide d’un fort Mistral. De puissants projecteurs l’éclairaient pour le vol de nuit. Il s’agit d’un record jamais battu, puisque ce type de record fut ensuite interdit[6] après l’accident mortel de Bertrand Dauvin qui tentait de battre le record d’Atger.


En 1949 il entre à la "Société d'Études VIctor MInié Aéronautique" (SEVIMIA) où il supervise la fabrication des SA-104 Émouchet et des Air 102 ainsi que l’étude d’un planeur stratosphérique[2], le S-10, qu’il ne peut malheureusement pas terminer.


Entré chez Breguet à la fermeture de l’Arsenal, il y devient chef du département « planeurs où il succède à Georges Ricard. Il participe à la réalisation des Breguet 902, Breguet 905 et Breguet 906. Il organise la fabrication en série des Breguet 901 et Breguet 904 à Aire-sur-l'Adour[2]. Enfin il achève son projet de planeur stratosphérique S-10 sous le nom de Breguet 903.


Passé à la société Bertin, puis à Sud-Aviation à Toulouse, il prend sa retraite en 1967. Il se consacre, avec Jean-Baptiste Salis, à la création du centre de vol à voile de la Ferté-Alais[2].


Il décède le 20 octobre 1972 à Saint-Chamassy en Dordogne.



Vie privée |


Le 18 octobre 1934 à Paris (mairie du 20e arrondissement) il épouse Edmée Jeanne Jacob, née le 10 juillet 1910[7]. Dans les années qui suivirent le mariage, cette aviatrice deviendra célèbre en battant plusieurs records du monde à bord de son planeur. Elle trouvera la mort le 16 avril 1939 dans une collision aérienne avec un autre planeur[8].



Distinctions |



  • Legion Honneur Chevalier ribbon.svg Chevalier de la Légion d'honneur


Notes et références |





  1. « Jarlaud », sur Base de Données Léonore.


  2. a b c d e f g h i et jChristian Ravel, responsable patrimoine, Arsenal Air 100 n° 01 F-WDVN : Partie 1 : Présentation et historique, vol. 4, Musée Régional de l’Air, février 2014, 54 p. (lire en ligne), p. 43-44.


  3. Christian Ravel, « De retour dans le ciel : l'Avia 152 d'Espace Air Passion », Le Fana de l'aviation, no 568,‎ 1er mars 2017, p. 56-61 (lire en ligne).


  4. « Avia 60 MP », Les Ailes,‎ 25 mai 1933.


  5. Christian Ravel, « Les origines du C800 », sur Touraine Planeur.


  6. « ARSENAL AIR 100 n° 01 », sur Espace Air Passion, 2017.


  7. « Raymond Jarlaud », sur Rodovid, 13 mars 2010.


  8. Marc Nadaux, « Acheux-en-Amienois – 80 – Tombe d’Edmée Jarlaud, aviatrice », sur CANOPÉ académie d'Amiens.




Bibliographie |




  • Charles Girod, « Raymond Jarlaud m’a dit comment améliorer les performances. Le planeur de performances Arsenal Air 100 », Aviation magazine, no 5,‎ 1er juillet 1950, p. 10-11.


  • Jean Grampaix, « Raymond Jarlaud et son œuvre », Aviation magazine, no 139,‎ 30 juin 1955.


  • Jean Grampaix, « L’œuvre de Raymond Jarlaud », Aviation magazine, no 140,‎ 7 juillet 1955.


  • Jean Grampaix, « Évolution « constructive » : méthode de création de l’équipe Jarlaud-Cartier », Aviation magazine, no 142,‎ 21 juillet 1955.


  • Reginald Jouhaud et Anne Jouhaud, Histoire du vol à voile français, Toulouse, Cépaduès, 1992(ISBN 978-2-8542-8274-0), p. 285-286.


  • Christian Ravel, responsable patrimoine, Arsenal Air 100 n° 01 F-WDVN : Partie 1 : Présentation et historique, vol. 4, Musée Régional de l’Air, février 2014, 54 p. (lire en ligne), p. 43-44.



Liens externes |


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